Scream 4, Wes Craven (2011)

Dix ans après la terrible boucherie qui a marqué toute une génération, la petite ville de Woodsboro est à nouveau le théâtre d’une série de meurtres adolescents. Un quatrième opus de Scream ? Bon, pourquoi pas. Mais Wes Craven avait plutôt intérêt à pondre quelque chose de nouveau tout en restant fidèle aux trois précédents horror movies, difficulté majeure qu’il lui fallait surmonter. Et aussi surprenant soit-il, pari gagné pour le réalisateur.

Sidney Prescott (Neve Campbell) est de retour dans la ville maudite qu’elle a fui après avoir réchappé de trois tentatives d’assassinat. Victime éternelle et surnommée l’Ange de la Mort, la survivante ne déroge toujours pas à son destin fatal. Car come-back de Sidney signifie également come-back du Ghostface et de ses fameux couteaux de cuisine. L’ancienne lycéenne se retrouve à nouveau confrontée à une série de meurtres dont elle est le point central à l’heure où les réseaux sociaux ont pris le pas sur une ancienne génération déroutée par l’ampleur de la webdiffusion. On ne veut plus des amis, on veut des fans.

Scream 4 aurait pu être un médiocre remake des trois précédentes tueries, mais Wes Craven nous a réservé bien des surprises. Humour et dialogues plutôt perspicaces sont à l’honneur, et l’on se délecte des clins d’œil subtils qui fusent tout au long de cette autodérision géante. Les dix premières minutes du film font étonnamment preuve d’esprit et d’intelligence, et l’ironie est poussée jusque dans ses moindres détails — la scène où Kirby (Hayden Panettiere, Heroes) suggère qu’elle puisse avoir des supers pouvoirs est tout simplement brillante. Les acteurs se prennent au jeu avec conviction, et l’on s’attache à leurs personnages d’autant plus que la nostalgie de retrouver les anciens s’empare du spectateur. Et même si l’on trouve que le film tire un peu trop sur la corde en termes de longueurs et de retournements de situations, c’est pourtant là qu’il faut y voir le nec plus ultra d’une auto-raillerie que l’on approuve sans rechigner.

Seule ombre au tableau : la génération d’amateurs des premiers films a sûrement trop grandi et ne sursaute plus autant qu’avant. Néanmoins, Wes Craven a su exploiter son œuvre de façon truculente et spirituelle, et l’on ne regrette pas d’avoir payé sa place de cinéma.

 

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