Source Code, Duncan Jones (2011)

A l’heure où le terrorisme effraie plus que tout les Etats-Unis, Duncan Jones vient au secours de la Nation US en présentant son nouveau film comme une lueur d’espoir dans un monde bien gris. Fondé sur les deux clichés les plus exploités du cinéma américain, la bombe et l’Afghanistan, Source Code aurait pu être un navet. Et cependant, il faut reconnaître que le résultat est plutôt plaisant.

Colter Stevens (Jake Gyllenhaal) se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago alors même qu’il ne se rappelle pas être monté dedans. En proie à la panique, il se rend également compte que les autres passagers semblent le connaître sous le nom de Sean Fentress. Abasourdi, il cherche à comprendre ce qui lui arrive mais une bombe explose, tuant tous les voyageurs de son wagon, excepté lui-même. Colter est toujours en vie et se réveille une seconde fois dans une étrange cellule, où on lui explique qu’il participe à un projet anti-terroriste qui devrait permettre de déjouer un attentat en plein cœur de Chicago. Pour ce faire, il est envoyé dans le « code source » – c’est-à-dire la mémoire qui subsiste dans le cerveau post-mortem – et dispose de huit minutes pour retrouver la bombe et le terroriste. Tant que ces deux éléments ne seront pas révélés, Colter devra retourner inlassablement dans le code source.

Voilà une histoire bien compliquée qui aurait pu tourner à la cata. Mais la progéniture de David Bowie s’en sort assez bien pour un second long-métrage qui vaut le coup d’œil. Certes, le film est inégal et peine à démarrer. Jake Gyllenhaal en militaire indiscipliné mériterait une bonne paire de claques et empêche l’action d’avancer correctement. Résultat, la première demi-heure est éprouvante pour un spectateur qui se surprend à s’énerver tout seul et à plaindre l’interlocutrice de Colter. Mais fort heureusement pour tout le monde, la tête de mule finit par se ressaisir et comprend que s’il veut rester le héros qu’il a toujours été – oui, il s’agit bien d’un soldat héros de l’Afghanistan – il va devoir se soumettre aux ordres sans conditions. C’est seulement à partir de ce moment-là que l’on peut enfin profiter pleinement d’un scénario fort intéressant et bien ficelé. L’intrigue est sans cesse ponctuée de rebondissements en tous genres qui laissent le public en haleine et le pressent de connaître le dénouement final.

Néanmoins, il reste certaines scènes qui viennent gâcher le plaisir que l’on éprouve à comprendre le pourquoi du comment. Que Colter se fourvoie dans une abondance de bons sentiments familiaux et amoureux n’intéresse pas, et qu’il prenne son statut de héros au pied de la lettre, souhaitant ainsi sauver des voyageurs déjà mort et enterrés, n’apporte rien à l’intrigue, même si Jones a tenté de retomber maladroitement sur ses pattes. A vrai dire, il aurait juste suffi de se cantonner à l’aspect virtuel du projet anti-terroriste sans s’aventurer dans les méandres de l’espace temps. Car d’une excellente idée, on en arrive à deux réflexions bancales qui plombent légèrement l’intégralité d’un film déjà desservi par les premières trente minutes. Le projet initial était assez compliqué pour ne pas ajouter de difficultés supplémentaires que Jones a eu du mal à maîtriser.

Il n’en reste pas moins que Source Code est un très bon divertissement qui donne matière à réfléchir sur l’éthique, le progrès et le bien commun au détriment d’un individu.

 

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