Star Wars épisode VII : Le Réveil de la Force, J.J. Abrams (2015)

Le pari était osé. À l’époque, l’annonce d’une nouvelle trilogie Star Wars made in Disney avait fait rugir les fans. Mise en cause : la surexploitation outrageuse des productions issues des studios. Marvel en fait les frais jusqu’en 2020, au bas mot. 

Et puis, petit à petit, l’idée d’une troisième trilogie s’est confortablement installée dans les esprits, révisant les jugements sans appel d’un public échaudé. Alors, fallait-il se laisser embobiner par la stratégie et le matraquage marketing soigneusement élaborés par Disney ces deux dernières années ? La réponse est oui, Star Wars épisode VII : Le Réveil de la Force annonçant le retour en puissance d’une narration que l’on pensait épuisée.

Aux commandes de ce projet ambitieux, J.J. Abrams fait honneur à son rôle de garant et livre un film à la hauteur des espérances. Tablant sur la nostalgie des fans et leur profonde connaissance de l’univers, le réalisateur s’imprègne pleinement du travail de ses prédécesseurs pour faire du Réveil de la Force un septième volet en parfaite adéquation avec ses préquels, tant sur le fond que sur la forme. Tous les ingrédients nécessaires à la réussite du long métrage répondent à l’appel : équilibre de la Force menacé, dilemmes familiaux, humour, kitsch, clins d’œil, références assumées, transitions entre deux scènes façon PowerPoint, et cri Wilhelm malicieusement dissimulé.

Disney était attendu au tournant et a su appréhender Le Réveil de la Force avec prouesse, dévoilant un film correspondant point par point à ce qu’en attendaient les fans. Seulement, cette volonté de bien faire s’effectue au détriment d’une prise de risque quasi-inexistante. Résultat : Le Réveil de la Force s’inscrit comme un condensé visuel et scénaristique des deux premières trilogies, reproduisant implacablement le schéma familial, transposant des scènes complètes jusque dans les moindres détails, composant des protagonistes et droides miroirs de leurs aînés. On attendait une suite fidèle à six premiers films gérés de bout en bout par Lucas, mais on aurait également souhaité un ensemble novateur dès le premier épisode.

Côté personnages, c’est avec une émotion certaine que l’on retrouve la clique des trois premiers épisodes, vieillissants et bedonnants, certes, mais loin d’être grabataires, bien qu’Harrison Ford peine à se remuer en situation d’urgence. Et c’est avec une joyeuse curiosité que l’on découvre la relève impeccablement interprétée par Daisy Ridley (Rey), John Boyega (Finn) et Adam Driver (Kylo Ren). Chaque acteur occupe une place qui lui est propre et excelle en performance, promesse d’une nouvelle génération digne de la précédente.

En définitive, Le Réveil de la Force remplit son contrat scénaristiquement et visuellement parlant. On soupçonnerait presque J.J. Abrams d’avoir succombé à ses bonnes vieilles habitudes vulcaines, insufflant à ce nouvel épisode de Star Wars quelques faux airs de Star Trek. Ne serait-ce pas beau d’y voir la volonté d’abolir un conflit science-fictionnel vieux comme le monde ? C’est au final avec bonheur que l’on replonge dans un univers âgé de quarante ans déjà, et pourtant toujours d’actualité. Et si l’on regrette parfois le manque de prise de risque, on savoure un retour aux sources dépoussiéré et remis en état par J.J. Abrams, ouvrant la voie vers deux prochains épisodes qu’on espère bourrés de surprises.

 

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