The Tree of Life, Terrence Malick (2011)

Affligeant. C’est officiel, le Festival de Cannes nous coiffe tous au poteau par tant de snobisme et de pseudo-élitisme. Extrêmement déroutante, la dernière Palme d’Or attribuée à Terrence Malick pour The Tree of Life n’est certainement pas la meilleure décision prise en 64 ans de cinéma, tapis rouge et Croisette. Qu’est-il donc passé par la tête du jury? Mais surtout, qu’est-il donc passé par la tête de Malick? Car quoiqu’il ait voulu faire, on peut affirmer sans conteste que le résultat est bien désastreux.

Jack (Hunter McCracken) grandit entre une mère (Jessica Chastain) à l’amour inconditionnel et un père (Brad Pitt) aux méthodes d’éducation plutôt drastiques. Entre ces deux extrêmes, le jeune garçon de 11 ans tente tant bien que mal de trouver un équilibre, bascule du côté obscur de la force, puis finit par revenir dans le droit chemin de la grâce. Merci, Dieu. Longue litanie de bout en bout, le dernier « bébé » de Terrence Malick aurait sans doute mieux fait de ne jamais aboutir. Rythmé par les incessantes formules psalmiques de chaque personnage et une bande-son qui nous ferait presque assister à une cérémonie religieuse, The Tree of Life fait davantage penser à un documentaire mal agencé aux allures de confessions qu’à un film sur l’évolution de la vie.

« Et toutes les images de galaxies, volcans, océans alors? », direz-vous, « ne sont-elles pas l’expression d’un darwinisme prégnant que le réalisateur a tant cherché à exploiter? » Justement, on souffre de toutes ces images de synthèse façon pub Quechua qui nous sont imposées pendant près d’une demi-heure  sur fond de Lacrimosa strident. On grince des dents, la scène est interminable, le sentiment de torture intolérable. Les dinosaures tombent comme un cheveu sur la soupe, et si l’on veut se délecter de paysages hors du commun, on achète La Terre vue du Ciel de Yann Arthus-Bertrand, ou l’on s’abonne au National Geographic. Malick ne prendrait-il pas le spectateur pour un benêt? Il insiste, persiste et signe avec toutes ces images gnangnans pour expliciter sa vision de l’évolution alors que l’on avait très bien compris la visée et la portée du long-métrage avec la simple observation de la famille de Jack.

Autre point : le casting de rêve noyé sous ce déluge de plans caméra pompeux, voire nauséeux — insupportable caméra qui ne cesse de bouger. Les enfants jouent bien, certes. La mère de Jack est attachante, soit. Mais Brad Pitt a gardé sa moue d’Inglorious Basterds, ce qui ne fait que décrédibiliser son personnage de soi-disant homme dur et père intransigeant. Dommage. Quant à Sean Penn, que fait-il ici? Il se balade dans le désert, tel un touriste qui prétend nous apprendre le monde et la vie.

Terrence Malick a voulu transmettre un petit quelque chose — mais quoi? — et s’est littéralement planté. N’est pas philosophe qui veut. On ne retiendra qu’un mot de cette leçon de catéchisme catastrophique : pénible.

 

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